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Claudia Nolin, PRF

Maison funéraire Shields Berthiaume

 

« D’HIER À AUJOURD’HUI », une histoire de famille… soixante-huit ans au service des familles de la région de la Petite-Nation. Notre histoire a débuté dans les années trente, lorsque Arthur Gourd, voiturier de métier, a fabriqué un corbillard sur roues qu’il louait aux familles qui devaient transporter la dépouille mortelle d’un être cher. À cette époque, le corbillard était tiré par une paire de chevaux fournis par les locataires. La location du corbillard incluait les couvertures noires que revêtaient les chevaux. Arthur Gourd, ébéniste accompli, débute la fabrication de cercueils. Son épouse, Rosa Laniel, drapait l’intérieur et recouvrait l’extérieur du cercueil. Arthur Gourd est devenu ainsi le compétiteur du marchand général qui vendait des cercueils.

À la même époque, Ernest Whissell, gendre d’Arthur Gourd, épouse Yvonne Gourd et trois enfants naissent de cette union : Yvon, Suzanne et Monique, vif entrepreneur de nature, voit la possibilité de développer le domaine funéraire dans la région de la Petite-Nation. Cette idée en tête, il s’exile à Montréal afin d’apprendre à utiliser les produits de conservation et faire un stage dans une maison funéraire déjà établie et reconnue de la métropole. Équipé de ces nouvelles techniques, il revient dans la région et offre aux familles la possibilité de procéder à la thanatopraxie (embaumement) du défunt. On peut imaginer les réactions à cette nouveauté à une époque où l’on ne procédait pas à l’embaumement et qu’on exposait le défunt à son domicile! Les avantages de ces nouvelles pratiques étaient appréciables : on pouvait conserver les dépouilles mortelles pendant trois jours soit jusqu’à la date des funérailles et ce, sans avaries. Homme d’affaires averti, Ernest Whissell devient directeur de funérailles et opère sous le nom Whissell & Gourd.

Une nouvelle ère débute. La nouvelle entreprise offre aux familles la possibilité de ne plus exposer à domicile. On construit le premier salon funéraire à Saint-André-Avellin au début des années quarante, incluant une salle d’embaumement. D’autre part, les chevaux sont remplacés par un corbillard motorisé. Considérant que certaines familles ont de la difficulté à se déplacer à Saint-André-Avellin, l’entreprise continue d’offrir les services d’exposition à domicile. Plusieurs années passent et la Maison Whissell & Gourd se voit sollicitée par des représentants des paroisses environnantes, souvent appuyés par monsieur le curé ou des élus municipaux, pour offrir le même service dans leur village. C’est ainsi qu’au fil des ans, les villages de Papineauville, Ripon, Notre-Dame-de-la-Paix, Chénéville (local loué par les Chevaliers de Colomb) et Saint-Rémi-d’Amherst furent adéquatement desservis. L’exposition à domicile se faisant moins en demande, si une municipalité ne justifiait pas la création d’une maison funéraire, la Maison Whissell & Gourd louait un local afin d’y offrir le service de funérailles. En plus du service de funérailles, la Maison Whissell & Gourd offrait un service d’ambulance, phénomène très répandu à cette époque. Les années passent, il est question de préparer la relève de l’entreprise familiale. Yvon, fils d’Ernest, travaillait dans l’entreprise à titre d’embaumeur et directeur des funérailles, tout en étant propriétaire d’une entreprise de distribution de boissons gazeuses. Yvon décide de ne pas poursuivre sa carrière au sein de l’entreprise familiale.

En 1971, Ernest se tourne vers son gendre, Michel Shields, marié à Monique Whissell et dont l’union a donné deux fils : Érick et Ernie. Michel accepte de relever le défi, conscient des risques et de l’ampleur de la tâche : obtenir la licence d’embaumeur, administrer l’entreprise et préparer la relève.

L’année 1976 représente une étape importante alors qu’une troisième génération s’implante dans l’entreprise familiale et maintient le service de funérailles aux familles de la région de la Petite-Nation. Michel Shields devient propriétaire associé à Ernest Whissell et Monique Whissell. Prédestinée à vivre une relève de père en fils, étonnamment, l’entreprise vit une relève de gendre en gendre (Whissell & Gourd à Whissell & Shields).

En 1986, Michel Shields devient propriétaire unique de la Maison funéraire Whissell & Shields tout en continuant d’opérer un service ambulancier, dont la gestion est indépendante de la maison funéraire. En 1990, forte d’une relève bien en place, l’entreprise devient la Maison funéraire Shields & Fils, ramenant la tradition d’une succession éventuelle de père en fils. La même année, la Maison funéraire Shields & Fils inc. profite d’une occasion d’affaires et acquiert la Maison funéraire Champagne de Montebello et la Maison funéraire Gascon de Pointe-au-Chêne. C’est à la même époque que les Jardins Denis Benjamin Papineau sont inaugurés sur la Réserve faunique de Plaisance où un chêne est planté par les propriétaires en mémoire du défunt. L’entreprise semble avoir un cycle de changements à tous les 10 ans!

C’est ainsi qu’en 2000 l’entreprise franchit une nouvelle étape en construisant un complexe funéraire à vocation régionale, offrant tous les services sous un même toit. Ce projet n’est pas surprenant lorsqu’on connaît les administrateurs qui sont des personnes constamment à l’écoute de leurs clients, les familles éprouvées, et qui savent s’adapter et évoluer au gré des besoins. Le président actuel, Michel Shields, toujours soucieux de satisfaire les familles endeuillées, développe donc l’idée d’un complexe funéraire régional des plus modernes : trois salles d’exposition, une salle de démonstration, une aire de jeux, un crématorium, un columbarium accessible en tout temps, une salle de réception, un fleuriste et un stationnement de grande surface. Ce projet n’aurait évidemment pas vu le jour sans l’implication de la relève familiale représentée par Ernie Shields, vice-président et directeur général des opérations. En fait, la boucle est bouclée et, quatre générations plus tard, on voit poindre à l’horizon une cinquième génération.

L’entreprise actuelle est fière de son passé, très active au présent et entrevoit l’avenir avec optimisme!

Acquisition par le salon funéraire Berthiaume
C’est en 1896 que François-Xavier Berthiaume, s’établit à Hawkesbury afin d’y établir un commerce, jusqu’à date inexistant, en services funéraires. Tailleur ainsi qu’ébéniste de métier, il confectionne également des cercueils et des seconds de bois en plus de vendre et distribuer du charbon de bois. À la mort du fondateur, survenue en 1934, deux de ses fils, René et Lucien lui succèdent sous le nom de “Berthiaume & Frère”. À cette époque, Hawkesbury et la région ne disposent d’aucun service d’urgence. Aux alentours des années 1935-1940, les frères Berthiaume décident donc d’instaurer le premier service d’ambulance.

Au décès de Lucien en 1944, Noël, le benjamin des dix garçons s’allie à René. En 1946, la population d’Hawkesbury est témoin de l’ouverture du premier salon funéraire, lequel à cette époque, était établit sur la rue Main. C’est à compter de cette époque que les gens cessent de pratiquer ce qu’on appelait communément les “veillées au corps” dans les maisons privées.

Suite au décès de René en 1950, Noël devient l’unique propriétaire et en 1954 il rebaptise l’entreprise qui porte dorénavant le nom de “Salon funéraire Noël Funeral Home ltée/ Ltd.” Lors du sinistre de 1954 survenu sur la rue Main, plusieurs bâtiments commerciaux dont le salon funéraire sont détruits. On réimplante donc l’entreprise sur la rue McGill où se situe toujours le siège social.

En 1954, Armande, l’épouse de Noël obtient à son tour sa licence de formation en services funéraires. À ce titre, elle est une des premières femmes francophones dans l’histoire de la province d’Ontario à pratiquer la profession de directrice de services funéraires.

En 1968, afin de mieux desservir la communauté habitant à l’extrémité est de Hawkesbury, Noël et Armande inaugurent une succursale sur la rue Lansdowne.

Au décès de Noël en 1969, Armande doit assumer un rôle monoparental auprès d’une famille de six enfants dont l’âge varie entre 9 et 16 ans. Néanmoins, elle persévère à gérer le salon funéraire et le service d’ambulance assurant ainsi le transfert des compagnies à la troisième génération. En 1973, 1977 et 1996, René, Yves et Robert Berthiaume obtiennent respectivement leur diplôme de directeurs de services funéraires. En décembre 1999, Jean-René, le fils de René, devient le premier membre de la quatrième génération à se joindre à l’entreprise familiale.

En 1985, René et Yves, les propriétaires actuels font l’acquisition d’un salon funéraire à Vankleek Hill. Afin de mieux répondre aux besoins de la population, ils choisissent de démolir cet immeuble en 1996 afin d’ériger une bâtisse plus accueillante et fonctionnelle.

Lors du centième anniversaire de fondation célébré en 1996, on rebaptise l’entreprise familiale avec son nom d’origine. Elle portera dorénavant le nom de “Salon funéraire Berthiaume ltée/Ltd.”

Chefs de file dans leur domaine, les directeurs de services funéraires du Salon funéraire Berthiaume tentent de faire découvrir, dans les rites funéraires, une occasion de célébrer la vie de la personne décédée. Par le biais d’ateliers, de conférences et des médias, ils s’efforcent constamment d’améliorer leurs services afin de renseigner la population en tentant de démystifier la mort, et soulager les effets psychologiques et émotionnels reliés à la perte d’un être cher.